Ma vie, mon cadenas

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Par Samuel Laverdière, CRIA, pour le magazine Transport Routier, édition juillet 2017

Vous souvenez-vous de la campagne de sensibilisation de la CSST (maintenant CNESST) de 2006? On y voyait un opérateur de presse actionner sa machine alors qu’un mécanicien effectuait des réparations à l’arrière. Résultat : il mourait écrasé. La pub suivante, même concept, mais cette fois-ci la machine était éteinte et isolée par un cadenas. Sa mise en marche était alors impossible et le mécanicien a pu travailler en sécurité.

Quel est le lien avec le transport de marchandises?

Depuis janvier 2016, le Règlement sur la santé et la sécurité du travail (RSST) inclut le cadenassage et les autres méthodes de contrôle des énergies aux équipements mobiles. Avec cette mise à jour règlementaire, le nombre d’articles sur le cadenassage dans le RSST est passé de deux à 13, ce qui précise et encadre davantage le procédé.

«Ouin, ouin… c’est bien beau la théorie, mais on ne va pas commencer à faire ça chez nous, on n’est pas une usine ici! On est une petite compagnie de transport et on n’a que 2 mécanos… en plus ils font attention».

Sachez que, depuis 2005, le cadenassage fait partie intégrante du plan d’action «Sécurité des machines» et la CNESST applique la tolérance zéro pour les dangers liés à l’accès aux pièces en mouvement. Voici donc un sommaire des principaux aspects du cadenassage des équipements mobiles.

Identifier les risques

Le RSST dicte les règles à suivre concernant le cadenassage aux articles 188.1 et suivants. Votre référence normative, c’est la norme CAN/CSA Z460-13, Maîtrise des énergies dangereuses : cadenassage et autres méthodes. Le principe de base du cadenassage est de permettre aux travailleurs d’effectuer, par exemple, des tâches d’inspection des composantes, d’essais de diagnostic, de réparation mécanique, d’entretien, de lubrification, de remplacement d’un composant mineur ou majeur, de remplacement d’attelage ou de vérification de l’absence de fuite d’huile en toute sécurité.

Lorsqu’une tâche comme celles énumérées précédemment doit être réalisée sur un équipement mobile, comme un tracteur routier, une semi-remorque ou une chargeuse (loader), par exemple la personne qui effectuera le travail doit s’assurer que le matériel soit au niveau d’énergie zéro, avant même de débuter sa tâche. Il peut le faire en apposant un cadenas à clé unique sur un dispositif d’isolement. Sinon, après avoir fait une analyse de risque, il pourrait utiliser d’autres méthodes de contrôle des énergies. Par exemple, il pourrait abaisser les stabilisateurs, retirer la source de combustible, neutraliser les circuits de démarrage, effectuer un cadenassage mécanique ou caler les roues.

Résultat total

La procédure utilisée, que ce soit par cadenassage ou par une autre méthode de contrôle des énergies, doit empêcher tout redémarrage ou dégagement d’énergie, involontairement ou volontairement, pendant la réalisation de la tâche ou dans la zone dangereuse de l’équipement mobile.

Le non-respect du principe de cadenassage et de contrôle des énergies peut avoir des conséquences dramatiques pour un travailleur. En mai dernier, un mécanicien de la région de Trois-Rivières a perdu la vie alors qu’il effectuait des ajustements au système de freinage d’une remorque et que le véhicule a été déplacé par un autre travailleur. En usine comme dans un garage, personne ne devrait perdre la vie en tentant de la gagner. Pour vous aider sur ce sujet complexe, consultez le guide Cadenassage et autres méthodes de contrôle des énergies de la CNESST ou contactez les conseillers de Via Prévention pour plus de détails!

Colloque du CTCQ

Le 21 septembre prochain, au Centre des congrès et banquets Renaissance à Anjou, le Comité technique du camionnage du Québec tiendra son colloque annuel ayant pour thème la sécurité dans les ateliers mécaniques. Des conférences sur des sujets tels que le cadenassage, le SIMDUT 2015 et la manutention manuelle dans les garages seront présentées. Pour plus d’informations, visitez le ctcq.ca.

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Samuel Laverdière, CRIA, conseiller en prévention chez Via Prévention, possède un baccalauréat en relations industrielles. Il forme et conseille des gestionnaires et travailleurs des entreprises de transport au Québec. On peut le joindre à samuel.laverdiere@viaprevention.com.