Parler de neige en septembre

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Publié parVia Prévention Catégorie
©Déneigement Rush

Par Samuel Laverdière, CRIA, pour le magazine Transport Routier, édition septembre 2019

Revenez-vous de vacances? Du chalet avec le feu de camp, les hot-dogs et les soirées avec une boisson qui vient généralement dans une bouteille en vitre brune? Les bancs de neige, la slush, le verglas, les bas en laine de mérinos et votre manteau d’hiver sont probablement bien loin dans votre esprit. En tout cas, je vous le souhaite! Par contre, le préventionniste en moi ne prend pas de vacances, même en essayant bien fort. Bien que je sois en train d’écrire ces quelques lignes en bermuda avec un verre de thé glacé à la main, je redoute la parution d’une possible page couverture d’un journal: «TUÉE PAR UNE PLAQUE DE GLACE. Une jeune fille de quatre ans décède après qu’une plaque de glace se soit détachée du toit d’une semi-remorque et soit tombée sur la voiture conduite par son père. Il s’ensuivit une perte de contrôle et une embardée. La fillette a finalement succombé à ses blessures.»

Nous souhaitons tous que cette nouvelle n’arrive jamais. Mais pas par chance. Je crois que tous les efforts possibles doivent être mis en œuvre pour prévenir ce genre de catastrophe. C’est pourquoi j’ai envie de vous parler de neige et de glace en plein mois de septembre.

Chez nous?

Revoyons l’article 498.1 du Code de la sécurité routière: «Nul ne peut circuler avec un véhicule couvert de neige, de glace ou de toute autre matière pouvant s’en détacher et susceptible de présenter un danger pour les usagers de la route». Quand on est dans ses affaires, chez soi, c’est généralement plus simple à gérer. En fonction de nos besoins d’opérations, de l’espace disponible ou du budget disponible, il existe une multitude d’options pour un déneigement efficace et sécuritaire. Chacune a ses avantages, ses inconvénients et des considérations primordiales à évaluer. Pour vous aider dans votre prise de décision, peu importe l’équipement, la procédure ou l’installation, ces objectifs doivent être au cœur des priorités pour la prévention des accidents: 1- risque zéro d’une chute d’un travailleur et 2 – le moins d’effort physique possible. Vous atteignez les deux? Génial. Pas tout à fait? Possible, mais gardez-les toujours dans votre collimateur.

Chez eux?

Une des grandes problématiques concernant le déneigement des toits de remorque demeure lorsque les conducteurs doivent déneiger ou déglacer une remorque stationnée chez un expéditeur. Vient avec cette situation une importante question: est-ce que l’expéditeur doit vous accommoder/fournir une installation sécuritaire? La réponse est oui. Comme employeur et propriétaire des lieux, l’expéditeur doit fournir un lieu de travail sécuritaire pour ses travailleurs, mais aussi pour les sous-traitants et les autres visiteurs dans son établissement. Cette notion s’applique autant au conducteur d’un transporteur indépendant qu’à une entreprise de déneigement de toits de remorque qui agit sur appel. Est-ce facile à faire appliquer? Vous le savez comme moi: la réponse est non. Mais c’est la même chose pour l’arrimage ou le toilage chez certains expéditeurs.

Et entre les deux?

Pour un conducteur longue distance, il y a aussi la gestion de la neige et de la glace lorsqu’il immobilise son véhicule dans une halte routière ou un truck-stop. Même si les installations ou équipements de déneigement ne sont pas disponibles sur place, ça n’efface pas l’obligation du conducteur de s’assurer qu’aucune matière ne se détache de son véhicule et ne vienne compromettre la sécurité des autres usagers de la route. Alors, comment s’y prendre? En optant pour une solution qui fera en sorte que le risque de chute sera aussi faible que possible, jumelée au moins d’effort physique requis.

L’été tire à sa fin. Pourquoi ne pas planifier une réunion entre propriétaires, gestionnaires et travailleurs pour identifier les bonnes mesures de prévention à appliquer cet hiver? Donc, si vous prévoyez acheter, modifier ou remplacer des équipements, vous ne serez pas pris de court. Et pour vous aider dans vos démarches, surveillez le site de Via Prévention avant les premiers flocons : un guide sur les équipements de déneigement va paraître en octobre.

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Samuel Laverdière, CRIA, conseiller en prévention chez Via Prévention, possède un baccalauréat en relations industrielles. Il forme et conseille des gestionnaires et travailleurs des entreprises de transport au Québec. On peut le joindre à samuel.laverdiere@viaprevention.com.