Prévenir de loin

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Publié parJean-Christophe Minguez Catégorie,

Il a fait un seul plein d’essence au cours des trois dernières semaines. Le conseiller de Via Prévention Jean-François Spence ne va plus dans les entreprises pour former ou conseiller employeurs et travailleurs. Tout se passe à distance, du sous-sol de son domicile charlesbourgeois. De réelles à virtuelles, ses formations ont connu une mutation quasi instantanée. Pour le mieux? Pour le pire? Il a bien voulu nous en parler.

Via Prévention: Est-ce que les messages de prévention passent aussi bien à distance qu’en présence?

Jean-François Spence: Nous avons adapté nos matériels pour que les messages passent bien. Ce qui est plus difficile, côté formateur, c’est de s’assurer que les participants ont bien compris. Le non verbal n’est pas toujours décelable et certaines personnes ont plus de mal à parler devant une caméra. Il y a beaucoup moins de commentaires qu’en classe. Aussi, quand la formation est diffusée dans une salle où se trouvent plusieurs participants, l’interaction devient presque impossible. Je préfère lorsqu’il y a une personne par ordinateur, mais ce n’est pas toujours possible. Nous sommes en train de restructurer le contenu de nos matériels de formation, nous modifions nos techniques d’animation, l’utilisation des exercices et la façon de faire passer les examens. Pendant des dizaines d’années, on a diffusé des formations en classe. Ça s’est arrêté d’un coup, mais les besoins n’ont pas disparu.

Via Prévention: Vous avez formé à distance plusieurs dizaines de travailleurs ces dernières semaines. Quels sont les commentaires?

Jean-François Spence: Quand il y en a, les commentaires sont positifs. Les employeurs comme les travailleurs apprécient les avantages de cette façon de faire. Pas de temps de déplacement, pas de salle ou d’endroit à préparer, des formations plus courtes. C’est apprécié.

Via Prévention: Comment vous y prendre pour conserver un lien avec le terrain?

Jean-François Spence: Le terrain, les gens dans leur milieu de travail, l’ambiance, c’est ce qui me manque le plus. Car c’est avec toutes ces observations qu’on personnalise nos cours, qu’on adapte nos exemples, qu’on modèle nos messages. Il faut que les gens se reconnaissent. Désormais on puise dans notre expérience, dans les échanges avec les gestionnaires avant les formations, avec les collègues.

Via Prévention: Est-ce que la fin de la pandémie signifiera la fin de la formation à distance?

Jean-Francois Spence: Non. Les avantages sont trop importants. Le matin je peux former un groupe de Gaspé puis, dans l’après-midi, un groupe avec des gens de Lévis, de Montréal, et de n’importe où au Québec. Les avantages pour les entreprises et pour Via Prévention sont réels. Les heures que je passais sur la route, je peux maintenant les consacrer à améliorer ou à développer du nouveau contenu. Je préfère ça. La route ne me manque pas, je m’ennuie des gens.


Jean-Christophe Minguez, agent de communications chez Via Prévention. Son travail consiste à marier Monsieur Plaisir et Madame Prévention. On peut le joindre à jean-christophe.minguez@viaprevention.com.