À chacun ses outils

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Publié parVia Prévention Catégorie

Par Samuel Laverdière, CRIA, pour le magazine Transport Routier, édition septembre 2016

Quand on parle de sécurité et de prévention des accidents de travail dans l’industrie du transport, on pense souvent aux chauffeurs de camions. Ce mois-ci, j’ai envie qu’on s’attarde à des travailleurs qui œuvrent dans un lieu parfois oublié des responsables de la sécurité : les ateliers mécaniques. Le danger y est omniprésent, notamment en raison de la présence de véhicules et de pièces en mouvement, de risques de chute, de matières dangereuses et autres possibilités de se défaire le corps au grand complet. Le rôle du mécanicien se trouve au centre des activités d’une entreprise de transport alors, ce mois-ci, centrons notre attention sur ces chirurgiens des gros moteurs.

Chuter rime avec danger

Au Québec, les chutes sont probablement la cause d’accident du travail la plus fréquente, tous secteurs d’activité confondus. Elles sont parfois anodines, souvent douloureuses, mais elles sont surtout éliminables des milieux de travail. Un vieil escabeau réparé avec des morceaux de bois, de l’huile ou de la glace au sol, une fosse de visite non-sécurisée, ce ne sont que quelques exemples de situations où de simples correctifs peuvent être apportés pour éliminer un risque de chute. Enfin, des comportements non sécuritaires comme sauter par-dessus la fosse de visite ou sauter de la cabine du camion sont à proscrire.

Les risques chimiques physiques

Présentes par dizaines dans tous les garages et ateliers mécaniques, les matières dangereuses peuvent engendrer de nombreux dangers pour la santé et l’intégrité physique des travailleurs (intoxications, irritations, maux de tête, problèmes respiratoires, dermatose, dommages résultant d’incendies/d’explosions). Les produits contrôlés par le Système d’information sur les matières dangereuses utilisées au travail (SIMDUT) doivent être correctement identifiés, entreposés et munis d’étiquettes conformes. Et ces produits doivent être accompagnés d’une fiche de données de sécurité accessible. L’exemple classique du liquide bleu-vert dans un pot de beurre d’arachide, identifié par un simple ruban gommé blanc et une écriture ultra pâle, illustre parfaitement la raison d’être du SIMDUT.

Le bruit et les vibrations liés à l’utilisation d’équipement pneumatique, par exemple, peuvent causer de nombreux problèmes de santé : détérioration des capacités auditives, stress, troubles vasculaires, engourdissements, etc. En prévention des risques associés au bruit, deux caractéristiques doivent être prises en considération : la première est l’intensité, c’est-à-dire la puissance d’un son, et la deuxième est la durée, donc le temps durant lequel le son se fait entendre. Comme vous vous en doutez, plus un son sera intense, plus le temps d’exposition devra être court. Les règlementations canadienne et québécoise viennent encadrer l’exposition des travailleurs au bruit. Consultez les sites web de LégisQuébec et lois.justice. gc.ca pour tout connaître.

Les équipements de travail

Il y a de nombreux outils et équipements utilisés par les mécaniciens de manière quotidienne qui peuvent causer des blessures corporelles. Depuis 2005, la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) a fait de la sécurité des machines une priorité d’intervention, et ce, peu importe le secteur d’activité ou la grosseur de la machine en particulier. Par exemple, une meule d’établi ou une presse hydraulique manuelle doivent avoir leurs dispositifs de protection en place pour empêcher les projections vers le travailleur. Prenez le temps de dresser la liste des machines et équipements avec pièces en mouvement et posez-vous cette question : sur chacun d’eux, est-ce qu’il y a des zones de coincement ou des risques accessibles? Si la réponse est oui, la machine ou l’équipement en question doivent être sécurisés. Et c’est tolérance zéro là-dessus.

Outillons la sécurité

Via Prévention organise son colloque annuel le 18 octobre prochain, au Golf Métropolitain d’Anjou, sur la p révention des accidents du travail dans les garages de véhicules lourds. Les différents conférenciers aborderont des sujets tels que le cadenassage, la gestion des matières dangereuses et la manutention sécuritaire. Pour plus d’informations, visitez le viaprevention.com.

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Samuel Laverdière, CRIA, conseiller en prévention chez Via Prévention, possède un baccalauréat en relations industrielles. Il forme et conseille des gestionnaires et travailleurs des entreprises de transport au Québec. On peut le joindre à samuel.laverdiere@viaprevention.com.