Les chemins vers la prévention

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Par Samuel Laverdière, CRIA, pour le magazine Transport Routier, édition décembre 2020

Il y a six ans, je débutais mes chroniques prévention et sécurité du travail dans ce magazine. Soixante chroniques plus tard, j’en viens à me questionner sur l’intérêt que vous, chers lecteurs, y portez.

Est-ce que j’ai réussi à faire changer certains de vos comportements? Une entreprise a-t-elle prévenu un grave accident de travail grâce à un moyen de prévention présenté dans une chronique? Je ne le saurai probablement jamais.

Ça sonne vraiment prétentieux tout ça… alors, pourquoi ne pas dédier cette 60e chronique aux différents parcours qui peuvent mener les gens intéressés à devenir eux-mêmes des spécialistes de la santé et sécurité dans leur milieu de travail? Comme tous les chemins mènent à Rome, voici quelques façons d’accéder à ce genre de profession.

Savoir, savoir-faire et savoir-être

La première chose qu’il est important de réaliser, c’est qu’on peut devenir spécialiste SST même si on n’a pas un diplôme d’études supérieures. L’industrie du transport regorge d’exemples de personnes qui ont gravi les échelons grâce à leur expérience acquise: de chauffeur à répartiteur, puis de superviseur à directeur, pour ensuite démarrer sa propre entreprise. C’est sensiblement le même parcours en santé et sécurité; si vous avez cette aspiration, impliquez-vous dans votre comité santé et sécurité, participez à l’élaboration et à la mise en place de divers éléments de prévention et soyez irréprochable en matière de SST dans votre organisation.

Au-delà du savoir académique, ce qui est recherché chez un spécialiste de la SST, c’est du savoir-faire et du savoir-être: être capable de travailler en équipe, démontrer d’excellentes habiletés interpersonnelles, savoir faire preuve d’initiative et détenir un grand sens de l’organisation et de la priorisation.

Bienvenue au cégep

Si vous regardez des offres d’emploi sur le web, vous constaterez que, dans la plupart des cas, le mot «environnement» est présent. Le rôle du spécialiste SST tend de plus en plus à inclure la protection de l’environnement, que ce soit, par exemple, la gestion des matières dangereuses résiduelles, le traitement des eaux et l’analyse de la qualité de l’air.

Si le cégep vous intéresse, le programme Environnement, hygiène et sécurité au travail correspond à ces compétences recherchées. En plus de l’environnement, cette technique aborde également les notions d’hygiène au travail (bruit, vibrations, éclairage, contaminants chimiques) et la SST, ce qui en fait une excellente option pour devenir un spécialiste de la prévention des accidents du travail.

L’université pour tous (ou presque)

Pour une diversité de cours et formations sur la santé et la sécurité du travail, c’est dans les universités qu’on retrouve les options les plus nombreuses: certificat, microprogramme, mineure, formation à distance, formation de jour ou de soir, à temps plein ou à temps partiel et qui débutent l’automne, l’hiver ou l’été.

Spoiler alert: pour accéder aux cours spécifiques de SST, vous n’avez pas besoin d’avoir complété un DEC. Bien des universités acceptent les candidats possédant une formation de base en santé et sécurité au travail et une expérience minimale dans le domaine. Renseignez-vous à l’université de votre région pour plus de détails là-dessus.

On ne doit pas oublier que les universités mettent à jour le contenu de leurs programmes, et c’est ce qui se passe avec les cours en santé et sécurité du travail. Comme la tendance est de former des gestionnaires qui vont éventuellement gérer des programmes de santé et mieux être au travail, les cours «classiques» de SST se font de plus en plus rares.

Résultat: moins de notions sur les chariots élévateurs, l’entrée en espace clos et le cadenassage, mais plus de cours sur la violence au travail, le harcèlement psychologique, le droit du travail et la gestion des ressources humaines. C’est normal, les réglementations québécoise et canadienne en SST vont dans ce sens.

Enfin, vous voyez que les possibilités sont nombreuses et que la scolarité ne doit pas être un frein à votre implication en santé et sécurité. Tous les chemins mènent à Rome, à vous de choisir votre véhicule pour vous y rendre.


Samuel Laverdière, CRIA, conseiller en prévention chez Via Prévention, possède un baccalauréat en relations industrielles. Il forme et conseille des gestionnaires et travailleurs des entreprises de transport au Québec. On peut le joindre à samuel.laverdiere@viaprevention.com.