Pas de fatigue au volant

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Publié parVia Prévention Catégorie
Humain photo créé par Racool_studio – fr.freepik.com

Il y a quelques semaines, un ami à moi a eu un grave accident de la route. Malgré la force de l’impact, on peut dire qu’il s’en est relativement bien sorti : quelques fractures et quelques ecchymoses seulement. Je dois vous avouer que cette nouvelle m’a beaucoup secoué et m’a fait réfléchir. On pense souvent que les accidents n’arrivent qu’aux autres, mais il arrive parfois que l’autre, c’est nous.

La cause de son accident? La fatigue au volant. À première vue, les conditions étaient parfaites pour qu’il termine son voyage en toute sécurité : la route était belle, la température était parfaite, son véhicule était en excellente condition. Par contre, le jour de l’accident, il avait commencé très tôt le matin et avait terminé tard le soir. De plus, il maintenait se rythme depuis quelques semaines…

La cause de son accident? La fatigue au volant. À première vue, les conditions étaient parfaites pour qu’il termine son voyage en toute sécurité : la route était belle, la température était parfaite, son véhicule était en excellente condition. Par contre, le jour de l’accident, il avait commencé très tôt le matin et avait terminé tard le soir. De plus, il maintenait se rythme depuis quelques semaines…

Les effets de la fatigue sont nombreux : diminution de la vigilance et de la concentration, temps de réaction plus lent, période de sommeil et micro-sommeil, etc. On comprend facilement que ces effets peuvent être catastrophiques lorsqu’on est au volant d’un véhicule lourd.   

Selon les chiffres de la SAAQ, la fatigue cause en moyenne 87 décès et 8683 blessés chaque année. Le problème est sérieux et préoccupant. Comme exploitant et conducteur de véhicules lourds, ces chiffres sont à prendre au sérieux. 

Il est évident que le nombre d’heure de sommeil aura une grande influence sur notre niveau de fatigue. Par contre, d’autres facteurs sont en cause. On peut les regrouper en trois grandes catégories : les causes liées au conducteur (âge, troubles de consommation, durée de la période d’éveil, etc.), aux opérations (horaires, demandes des clients, etc.) et à l’environnement (température, circulation, etc.). Pour améliorer le niveau de fatigue, il faudra travailler sur chacun d’entre eux.

Par exemple, le conducteur devrait prendre du repos, connaître ses limites, traiter les troubles du sommeil, prendre des repas légers, cesser de conduire dès les premiers signes de sommeil et prendre des pauses pour se dégourdir. L’employeur lui, pourrait par exemple gérer le temps de travail en limitant le travail de nuit et en minimisant les départs tôt le matin.

Certaines personnes croient que boire un café ou une boisson énergisante, baisser sa vitre, fumer une cigarette ou augmenter le volume de son radio permettra de diminuer le niveau de fatigue. Malheureusement, ces solutions ne sont pas efficaces. Lorsque l’on est au volant d’un véhicule et qu’on est fatigué, la seule solution est d’arrêter et de se reposer.

Que dit la réglementation?

La réglementation impose à tous les conducteurs de véhicules lourds des règles à suivre concernant le nombre d’heures de repos et de travail. Pour pouvoir débuter un nouveau poste de travail, vous devez prendre un minimum de 8 heures de repos consécutives. Vous ne pouvez plus conduire lorsque vous avez accumulé 13 heures de conduite et 14 heures de travail. Vous devez également cesser de conduire 16 heures après le début de votre poste de travail, peu importe les activités que vous avez fait. De plus, vous devez vous assurer de ne pas dépasser le nombre d’heure que vous avez droit durant votre cycle de travail (cycle 1 permet 70 heures de travail sur 7 jours) et vous devez avoir au moins 24 heures de repos au cour des 14 derniers jours.

Règle générale, vous devez inscrire sur votre fiche journalière (logbook) les activités que vous avez effectué pendant votre poste de travail. Les activités des conducteurs sont le repos, la conduite et le travail. Par exemple, lorsque vous faîtes votre ronde de sécurité, l’activité qui doit être inscrite sur la fiche journalière est «travail».

Il existe une exemption qui vous permet de ne pas remplir de fiche journalière si vous respectez trois conditions. Premièrement, vous devez circuler à l’intérieur d’un rayon de 160 kilomètres de votre port d’attache. Deuxièmement, vous devez revenir à votre port d’attache. C’est-à-dire que si votre port d’attache est Québec et que vous allez travailler à Trois-Rivières, pour pouvoir utiliser l’exemption, vous devez revenir coucher à Québec. Sinon, une fiche journalière doit être complétée. La dernière condition concerne l’obligation pour l’exploitant  de tenir un registre des activités effectuées par les conducteurs. Cette condition est souvent méconnue par les exploitants et les conducteurs. On doit donc connaître, pour chaque chauffeur, le cycle qu’il utilise (cycle 1 ou cycle 2), les activités effectuées (repos, conduite, travail), l’heure du début et de fin de chaque activités ainsi que le nombre d’heure total de chacune des activités. Pour vous aider, la SAAQ vous propose sur son site internet beaucoup d’information sur la fatigue au volant. Vous trouverez également sur le site internet de Via Prévention des aides mémoires sur la réglementation. N’hésitez pas à les consulter, je suis persuadé que cela pourra vous aider.



Jean-François Spence, CRIA, conseiller en prévention chez Via Prévention. On peut le joindre à jean-francois.spence@viaprevention.com.

Mes interventions sont grandement influencées par le paritarisme. Une saine gestion des enjeux SST n’est possible qu’avec une réelle collaboration entre les travailleurs et les dirigeants.