Pleins feux sur les gareurs

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Publié parVia Prévention Catégorie

Par Samuel Laverdière, CRIA, pour le magazine Transport Routier, Décembre 2021

Quand on pense à la prévention des accidents dans le secteur du transport et de l’entreposage, on pense rapidement à la conduite des camions, à l’utilisation des chariots élévateurs, à la manutention manuelle des charges et même, à la limite, à l’entretien des palettiers. Qu’en est-il des gareurs, nos fameux shunters ? Les tâches du gareur diffèrent d’une organisation à l’autre : certains circulent sur la route, d’autres non. Certains chargent eux-mêmes les semi-remorques, d’autres non. Afin de ne pas tomber dans l’oubli, ce mois-ci, ce sera pleins feux sur la prévention des accidents chez les gareurs.
Formation et inspection quotidienne

Le terme «gareur» n’apparait pas spécifiquement dans les lois et règlements en matière de SST. Mais, comme c’est le cas pour tout équipement et outil de travail, l’employeur doit s’assurer que les gareurs ont reçu la formation et l’entrainement adéquats afin de remplir leurs fonctions de façon sécuritaire (art. 51.7o LSST). Essentiellement, le contenu d’une formation de gareur devrait porter sur l’ensemble des risques et moyens de prévention du métier, comme:

  • Le fonctionnement, les commandes et la conduite du tracteur de cour;
  • L’attelage, le dételage et l’utilisation de la flèche hydraulique;
  • Les autres règles et mesures de sécurité définies par l’employeur.

De plus, une inspection quotidienne du tracteur de cour permettra la détection de défectuosités mécaniques en lien avec la conduite et les opérations du véhicule. Elle demeure une inspection visuelle et auditive des éléments accessibles, basée sur les recommandations du fabricant.

Situations dangereuses en lumière

Coactivité et circulation dans la cour. Les distractions sont nombreuses et les tâches du gareur se réalisent dans un espace partagé avec de nombreux travailleurs : caristes, manutentionnaires, camionneurs et autres. Cette coactivité engendre de nombreuses situations dangereuses, notamment des risques de collisions et de coincements. L’employeur doit mettre en place des moyens de prévention pour protéger les travailleurs à pied. On pense ici à l’entretien de la cour, à des corridors de circulation, à un éclairage suffisant et aux équipements de protection individuelle.

Marche arrière. Le gareur doit faire des marches arrière à de nombreuses reprises avec son tracteur de cour, avec ou sans semi-remorque, au cours d’un même quart de travail. Effectuée à basse vitesse, la marche arrière requiert sans contredit beaucoup de contrôle, de précision et d’attention de la part du gareur. D’une entreprise à une autre, d’une porte de quai à une autre et même d’un tracteur de cour à un autre, des risques et des éléments environnementaux dangereux peuvent s’ajouter et/ou se soustraire (vision et espace limités, angles morts du tracteur de cour, etc.). Retirer les sources de distraction, bénéficier de rétroviseurs propres et interrompre toute manœuvre s’il y a un travailleur dans une zone dangereuse contribuent à une marche arrière sécuritaire.

Immobilisation. Dès qu’il quitte son poste de conduite, le gareur doit s’assurer que le tracteur de cour ne puisse se déplacer de quelconque façon, qu’il soit attelé à une semi-remorque ou non. Un véhicule immobilisé inadéquatement représente un potentiel d’accident très grave, voire mortel, pour les autres travailleurs à proximité et le gareur lui-même (ex. : écrasement, coincement). Mettre la transmission au neutre et appliquer les freins de stationnement du tracteur de cour et de la semi-remorque sont essentiels.

Attelage/dételage. Afin de s’assurer que le tracteur de cour et la semi-remorque sont bien accrochés, le gareur doit appliquer la procédure appropriée et, notamment, effectuer le test de traction en conséquence. Bâcler ces étapes pourrait entrainer de graves conséquences : détachement ou chute de la semi-remorque, renversement du tracteur de cour et dommages aux véhicules.

Chargement. Le gareur qui est appelé à (dé)charger les semi-remorques est exposé à une panoplie de risques : collisions avec des équipements de manutention, chutes de marchandises, contacts avec des marchandises dangereuses, troubles musculosquelettiques, etc. Pour les prévenir, le gareur doit respecter certaines consignes de sécurité. On peut certainement penser à celles liées aux chariots élévateurs, à l’arrimage et à la manutention manuelle.

Pour plus de détails, je vous invite à consulter le tout nouveau Livret du gareur auquel j’ai eu le plaisir de collaborer. Vous pouvez le télécharger gratuitement.