Zoom sur l’après-formation

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Publié parVia Prévention Catégorie

Par Jean-François Spence, pour le magazine La Voix du Vrac, Mai/Juin 2021

Vous avez été nombreux à assister à nos formations SIMDUT 2015 depuis l’année dernière. Au 30 avril dernier, mes collègues et moi avions diffusé au-delà de 100 formations sur le SIMDUT à plus de 650 membres de l’ANCAI et à leurs travailleurs.

Les outils de communication actuels nous ont permis de vous offrir ces formations à distance, via votre ordinateur ou votre tablette. Je sais qu’il n’était pas toujours facile de se connecter, mais presque tout le monde y est arrivé. Souvent avec l’aide d’un ou une conjointe ou d’un enfant, mais ça finissait toujours par fonctionner! Évidemment, nous aurions préféré vous rencontrer en personne, mais nous sommes heureux d’avoir pu vous voir à travers votre écran.

Cet intérêt soudain envers le SIMDUT découle de l’obligation de mettre à jour votre formation pour pouvoir accéder aux chantiers de construction. En effet, vous pourriez vous voir refuser l’accès à un chantier si vous n’avez pas suivi la formation SIMDUT 2015. Mais le SIMDUT, ça ne sert pas que sur les chantiers de construction. C’est tout aussi important dans vos entreprises.

Le SIMDUT dans le transport de vrac. Vraiment ?

Lors des formations, plusieurs m’ont demandé pourquoi le SIMDUT s’applique à eux puisqu’ils font du transport de produit non dangereux en vrac. C’est que la grande majorité des entreprises de transport comme les vôtres ont un garage ou un atelier mécanique. C’est principalement à cet endroit que vous êtes exposés ou susceptibles d’être exposés à des produits dangereux. Et pensez-y, ce n’est pas rare que les chauffeurs travaillent dans le garage, ou fréquentent le garage.

Dans le garage, des produits, il y en a beaucoup. On retrouve des produits en aérosols, les bonbonnes de gaz pour la soudure, le nettoyeur à frein, le lave-pièce, etc. On retrouve couramment plus de 30 produits dangereux différents dans un garage!

De plus, la conduite d’un véhicule lourd implique nécessairement l’utilisation de produits dangereux: diesel, lave-vitre, antigel, batterie, aérosols, etc. Même s’il y en a peu, on ne peut pas les ignorer. Il ne fait donc aucun doute que le SIMDUT est pertinent dans vos entreprises, même si, a priori, on peut penser que non. 

Maintenant, on fait quoi ?

Souvenez-vous que le SIMDUT n’est pas qu’une formation. Le SIMDUT touche tout ce qui entoure l’utilisation sécuritaire des produits dangereux dans les milieux de travail : risques, entreposage, équipements de protection, mesures de premiers soins, etc. Ce qui va bien au-delà de la formation. C’est pourquoi il est important qu’il y ait une suite à la formation que vous avez suivie. La suite, c’est quoi ? Ça dépend de si vous êtes un employeur ou un travailleur. Car les responsabilités ne sont pas les mêmes pour l’un ou pour l’autre. 

L’employeur est responsable de la gestion du SIMDUT dans son entreprise. Il doit, par exemple, former ses travailleurs, s’assurer que les produits sont bien étiquetés, rendre disponible les fiches de données de sécurité, être conforme aux recommandations des fabricants des produits, fournir les équipements de protection, etc. Les tâches sont nombreuses. Et l’ampleur du travail dépend du travail déjà effectué au sein de l’entreprise en matière de SIMDUT.

Par où commencer ?

Par l’inventaire des produits. On peut en profiter pour faire du ménage et se débarrasser des produits qui ne sont pas utilisés. Je suis certain qu’il y en a! Notez que les produits qui portent une étiquette de l’ancien SIMDUT (bordures hachurées et symboles de danger dans des cercles noirs) ne sont plus autorisés en milieu de travail depuis décembre 2018.

Il faut ensuite obtenir et rendre disponible les fiches de données de tous les produits et s’assurer de respecter les recommandations qui s’y trouvent. Enfin, il faut former les travailleurs et s’assurer qu’ils respectent les règles. Ça peut sembler beaucoup, mais avec un peu de travail, vous y arriverez. Plusieurs le font déjà!

Et les utilisateurs ?

Les travailleurs, ou les utilisateurs de produits doivent quant à eux s’informer sur les dangers des produits ainsi que sur les moyens de prévenir les accidents. Ils doivent donc lire les étiquettes sur les contenants et consulter les fiches de données de sécurité des produits. Évidemment, les règles et les exigences des fabricants doivent être respectées.

Si vous voulez plus d’information ou si vous avez besoin d’aide pour implanter le SIMDUT dans votre entreprise, n’hésitez pas à communiquer avec moi ou mes collègues chez Via Prévention. Nous sommes toujours heureux de vous donner un coup de main! Nous sommes là pour vous.



Jean-François Spence, CRIA, conseiller en prévention chez Via Prévention. On peut le joindre à jean-francois.spence@viaprevention.com.

Mes interventions sont grandement influencées par le paritarisme. Une saine gestion des enjeux SST n’est possible qu’avec une réelle collaboration entre les travailleurs et les dirigeants.